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Penser autrement

23 novembre 2015

De plus en plus, les organisations font face à des turbulences qui rendent difficile la gestion et l’atteinte de la performance. Plusieurs solutions s’offrent à ces dernières pour améliorer leur capacité à atteindre d’excellents résultats malgré le tumulte : travailler sur l’efficacité des gens, optimiser la production, etc. Peu importe les stratégies d’optimisation choisies, les entreprises se doivent de supporter leurs réflexions et décisions par un processus qui fait malheureusement défaut à bien des entreprises : un processus de créativité/d’innovation. La créativité, par définition, décrit la capacité d’un individu ou d’un groupe à construire ou mettre en œuvre un projet neuf, un objet nouveau ou à découvrir une solution originale à un problème. Elle permet donc aux entreprises de trouver les meilleures tactiques pour se démarquer de la concurrence et ainsi, assurer leur pérennité.

Pourquoi un processus stratégique créatif?

Intuitivement, nous avons très souvent tendance à associer la créativité d’une entreprise aux compétences et personnalités des gens qui la compose. Pourtant, de plus en plus d’études le démontrent, la créativité n’est pas réservée qu’à quelques individus aux qualités particulières. Des chercheurs et des leaders ont constaté que la créativité s’apprend, se maitrise, se contrôle et qu’il y a une relation très forte entre les entreprises créatrices et la performance de ces dernières sur le marché. De plus, une autre bonne raison d’officialiser cette pratique consiste à contrer les préférences naturelles des gestionnaires. Selon les auteurs de l’article Plafonnés les leaders créatifs?[1], les leaders dits créatifs atteignent rarement les postes de haute direction, car à l’instar des leaders dits « efficaces », ils recherchent moins la stabilité et sont souvent perçus comme étant moins crédibles pour assurer la gestion de l’entreprise. La mise en place d’un processus formel permet donc de mettre en place les conditions les plus favorables à l’émergence d’innovations via une structure et de contrer les tendances naturelles des leaders de la haute direction à être plus stables en optimisant ainsi les résultats atteints.

« La performance est le fruit des systèmes à 90 % et des individus à 10 % »[2]

Les critères d’un bon processus créatif

La mise en place d’un processus créatif ne doit pas se faire à la légère. S’il est mal planifié et mal exécuté, il sera très coûteux pour l’entreprise versus les gains qu’il permettra de générer. Voici quelques exemples de critères auxquels votre processus se doit de correspondre.

Implication des bonnes personnes aux bonnes étapes

Selon la nature des innovations souhaitées et selon l’étape du processus où nous sommes rendus, il importe d’impliquer les bons individus. Selon les chercheurs, il est possible d’entraîner son cerveau afin qu’il développe plus de connexions qui faciliteront du coup l’émergence de nouvelles idées[3]. Malgré tout, certains individus ont une facilité naturelle à générer de nouvelles idées, à supporter la génération par des tactiques gagnantes, sont à l’aise avec la prise de risque associée aux innovations ou détiennent des informations qui sont primordiales pour faire émerger des idées qui ne sont pas qu’innovatrices, mais qui sont également utiles à nos clients. Une innovation non propice n’aura bien sûr aucun impact sur la performance de l’entreprise. Un processus créatif implique plusieurs étapes qui demandent chacune des compétences différentes. La génération d’idées ne demande pas les mêmes compétences que l’analyse de la faisabilité et de l’utilité des idées soulevées. Par la suite, prioriser les idées à mettre en œuvre et s’assurer que se rendre jusqu’au bout de ses projets demande d’autres compétences. Le processus doit permettre d’impliquer des personnes aux compétences complémentaires pour exécuter les stratégies sélectionnées.

Tout le monde a sûrement déjà rencontré des leaders très créatifs mais qui, par leur manque d’accent, font perdre énormément de temps à leurs équipes en suggérant de nouvelles idées, mais sans jamais aller au bout d’aucune d’entre elles. En apparence créative, ces organisations deviennent habiles pour générer des idées nouvelles, mais elles sont ensuite réellement peu mises en pratique, car « refusées », « non analysées » ou simplement « remplacées » par une nouvelle idée. Les conséquences sont désastreuses pour ces entreprises car leurs employés clés sont démotivés et se désintéressent de l’innovation voir même de l’entreprise. Le processus créatif permet donc de tirer profit des incroyables talents de tous en structurant la création, ce qui permet d’en optimiser les résultats financiers concrets. Un processus est clairement un signe que la haute direction accorde de l’importance à l’innovation.

Des tactiques qui amoindrissent les freins à la créativité

Il existe plusieurs freins à la créativité. Un bon processus inclura des tactiques qui amoindriront ces freins, voir même les élimineront.

Ces deux phrases permettent d’ouvrir la porte à de nouvelles façons de faire en faisant fi des conventions.

« Quiconque n’a jamais commis d’erreurs n’a jamais tenté d’innover » Albert Einstein

Une ouverture quant à la nature des innovations

Avant, la plupart des innovations consistaient à améliorer ou ajouter les produits et services de son entreprise. Ce temps est bien sûr révolu. Maintenant, les innovations, qui sont souvent les moins coûteuses à mettre en œuvre et les moins risquées, sont celles qui touchent par exemple l’originalité du modèle d’affaires. En effet, une étude de la Economist Intelligence Unit auprès de 4000 cadres a démontré que 54 % des meilleures innovations étaient au niveau du modèle d’affaires/des façons de faire de l’entreprise plutôt que sur les produits et services. Par exemple, la façon dont les produits sont offerts, les ressources utilisées, ou carrément un changement radical du modèle d’affaires (ex. pour une entreprise dont l’industrie est en déclin) doit assurément être supporté par un processus solide). Voici quelques innovations concrètes qui démontrent bien à quel point des changements radicaux peuvent se révéler très rentables pour l’organisation et surtout utiles pour les clients.

Attacher la créativité à de la reconnaissance

Pour démontrer l’importance accordée à l’innovation par la direction, attacher un processus de récompense contribue à susciter l’intérêt de tous.

En conclusion, il important de supporter l’organisation par un processus créatif pour s’assurer que suffisamment de temps est consacré à l’innovation et que les sommes investies se transforment en revenus.

 

Sylvie Grégoire, MBA, CRHA
Présidente, Totem Performance organisationnelle

[1] Magazine Premium #10 : Expérience conduite sur 364 employés d’une raffinerie dont les tâches impliquent d’innover.
[2][2] Jules Goddard : Recettes de gestion : Business strategy Review
[3] Creativity Unlimited de Michael Dahlén.
[4] Selon le chercher William Duggan, professeur de la Columbia Business School.
[5] Adrian Wooldridge, rédacteur en chef du Economist, section gestion.

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