Face à face

Qu’est-ce que notre conjoint(e) écoute patiemment à la fin de plusieurs de nos journées de travail? 20 % de nos réalisations professionnelles et 70 % d’histoires concernant nos collègues de travail (ce qu’ils ont fait, ce qu’ils ont dit, ce qu’ils n’ont pas fait ou ce qu’ils n’ont pas dit)! Il reste 10 % me direz-vous? Ce 10 %, je propose de le garder pour un temps de silence. Un 10 % où personne ne déblatère sur un voisin de bureau ou sur la nouvelle venue qui a un décolleté tellement inadéquat! Un 10 % essentiel, car toute l’énergie de la journée est passée sur les potins du bureau….

Ces pourcentages sont en fait tirés d’une étude maison réalisée à l’aide de mes expériences passées et d’échanges avec des pairs. Mais j’ai un côté optimiste et tout me porte à croire qu’en 2018, les relations de travail harmonieuses sont plus présentes et faciles. De plus en plus, les employés recherchent des milieux de travail agréables où les relations humaines sont basées sur le respect et l’entraide. Certains sont même prêts à diminuer leur salaire pour évoluer dans un contexte où il règne une atmosphère agréable….

Il était une fois un lieu de travail où tous les employés étaient des amis et entretenaient des relations saines et respectueuses. Tout le monde aimait mettre en lumière les qualités de tous et apprendre de chacun pour évoluer. Mais un jour, une nouvelle venue, trop belle pour le poste comblé (elle fait du service à la clientèle par téléphone!), s’est jointe à l’équipe et a tout chamboulé! Voilà que la machine à siphonner l’énergie de tout le monde démarre! Une personne passera un tout premier commentaire : « Elle doit être ici parce qu’elle fait partie de la famille du patron. Sinon pourquoi avoir embauché une employée qui met des robes si courtes que même le dessous de son bureau n’en revient pas! ».

Par expérience, le premier commentaire ne restera pas seul longtemps. Plusieurs autres viendront lui tenir compagnie et à une vitesse assez impressionnante! Il est très difficile pour l’humain de freiner des allusions gratuites et inutiles, dès le départ. Heureusement, les gens délaissent de plus en plus l’intimidation, habituellement au premier plan dès l’enfance. Toutefois, à côté de la belle pomme en santé, celle qui ouvre le chemin, il y en a d’autres qui pourrissent, encore de nos jours. Des hommes et des femmes qui se laissent influencer et qui entrent dans la danse…

Est-il possible de stopper tout cela avant qu’il ne soit trop tard? Bien sûr que oui! Je ne suis pas une scientifique, mais il est évident pour moi que le fait de contribuer à une atmosphère malsaine au bureau ― et même ailleurs dans notre vie ― démontre une très faible confiance en soi. En entendant une remarque gratuite, il suffit de se demander : est-ce qu’entretenir cela fera de moi une meilleure personne? Est-ce que je me sentirai plus heureux(se)? Pourquoi ne pas demander à la pomme en question quels sont ses motifs pour dire de telles choses? La question en soi brassera la commère qui elle, se nourrit de l’approbation des autres.

Jadis, je me suis moi-même retrouvée coincée dans ce nuisible mouvement. Est-ce que je me sentais comblée? Je vous laisse deviner! Aujourd’hui, si une nouvelle personne est mise sur mon chemin, je vais rapidement essayer de la connaître un peu plus. Il est certain à 90 % qu’avant longtemps, quelqu’un dira un commentaire sur la dernière venue. Mon truc : lui balancer par la tête une qualité que j’ai remarquée lorsque j’ai fait sa connaissance. Qu’est-ce que c’est déstabilisant! La personne en quête d’estime de soi parviendra peut-être même à changer sa perception. Tout le monde peut évoluer et se rendre compte que la vie est trop belle pour ne voir que le négatif!

Pour un gestionnaire de compagnie, une mauvaise ambiance ou des conflits entre employés ne sont pas désirables, c’est bien évident. C’est pourquoi, dès le départ, vous ne devez pas ignorer ces comportements et attitudes néfastes, même si vous en avez plein les bras avec vos tâches entrepreneuriales. Lorsque la situation est à son début, il est plus facile de faire comprendre à toute l’équipe que des comportements inadéquats ne seront pas tolérés ni endossés. Si vous perdez le contrôle, une aide extérieure est souvent utile et souhaitable.

Dernier point sorti tout droit de l’expérience Mylène inc. : en tant que gestionnaire, n’omettez jamais de présenter le nouveau venu à tout le monde en prenant soin de mentionner son expérience professionnelle, aptitudes et les raisons qui ont menées à son embauche. Ainsi, les qu’en-dira-t-on seront plus difficiles à inventer! Évident, vous me direz… Non, croyez-moi!

Et pourquoi ne pas intégrer les nouveaux employés à travers une activité sur l’heure du diner? Rien de compliqué, seulement un rassemblement qu’apprécieront certainement les nouveaux employés.  Ah oui! Un dernier conseil : dès l’embauche de ces derniers, remettez-leur la politique vestimentaire!

Et vous, de quel côté voulez-vous être?

Mylène Grégoire

Je suis une personne comme tout le monde! C’est ce qui me caractérise. J’ai des peurs, des envies, des besoins et des questions qui m’amènent à aller plus loin et des questions qui au contraire, me bloquent, gèlent mes envies d’aller de l’avant!

Suis-je la seule à me poser trop de questions? Mais peut-on se poser trop de questions? Quelles sont les questions normales? Quelles sont les bonnes questions? Vous voyez, ce que je veux dire…

En fait, tous les psychologues et les conférenciers le disent : les questionnements nous font avancer, évoluer et améliorent notre relation avec les autres et avec nous-mêmes. Il ne s’agit donc pas de remettre cela en question!

J’ai dû, il y a quelques mois prendre de grandes décisions concernant ma vie professionnelle. Des décisions qui empêchent de dormir, de vivre le moment présent, mais qui sont nécessaires… un passage obligé! Les détails de ce chemin de vie parcouru ne sont pas importants, mais il faut savoir que je suis une fille qui aime son confort et qui est fidèle à ses engagements. Lorsque j’ai finalement pris la décision de quitter l’emploi que j’avais depuis 11 ans, l’insomnie est devenue ma partenaire pour le meilleur et pour le pire! Mais vous savez, lorsqu’une nouvelle opportunité arrive comme ça, sans l’avoir cherchée (du moins consciemment), nous devons tout remettre en question, pas le choix!

Je travaille donc avec une toute nouvelle équipe depuis quelques mois. J’ai quitté un emploi stable et confortable, j’ai quitté de nombreux collègues, des amitiés, des heures de diner à échanger avec d’autres employés inspirants et drôles, des patrons qui me connaissaient assez bien, des tâches et responsabilités que je savais par cœur, un bureau avec fenêtre et des promesses futures !

 

J’ai donc accepté de travailler pour une jeune compagnie, dont les défis ne ressemblent pas une miette à ce que je suis habituée.  Mais c’est une entreprise qui fait vibrer en moi quelque chose de nouveau. Je travaille maintenant souvent seule avec mon ordinateur, les autres membres étant souvent sur la route. Quelques réunions mensuelles et échanges avec mes collègues, mais loin d’avoir sur l’heure du diner le choix des conversations auxquelles je désire participer! J’ai le bonheur d’avoir la possibilité de faire du télétravail lorsque bon me semble. Ce qui fait que ces jours-là, le reflet que me renvoie mon écran d’ordinateur est le seul contact que j’ai. Nous sommes loin des conversations devant la machine à café! Chaque semaine, de nouvelles tâches s’ajoutent, des responsabilités que je n’avais jamais côtoyées. Des nouveautés qui me trottent dans la tête à toute heure de la journée, principalement lorsque tout le monde dort… des heures supplémentaires non rémunérées quoi! Je cherche parfois mes pantoufles, mais elles ont disparu. C’était mon choix, elles étaient devenues ennuyantes et je ne me sentais plus sexy dedans!

Auriez-vous accepté ce nouveau tournant vous aussi ? Aujourd’hui, je peux le dire, cette décision était la bonne. Toutes mes journées sont concentrées sur les défis que me propose ma nouvelle équipe de travail. Je développe tous les jours un peu plus ma passion pour ces beaux projets auxquels je crois de tout mon cœur…. Mais, si je veux être franche; ce n’est pas sans doutes, craintes et angoisses!

Certains ont la fibre fonceuse très forte et ont de la facilité à se lancer dans l’inconnu et même à prendre des risques. Merci à vous d’exister ! Vous faites avancer notre belle société avec vos mille et un projets et surtout, vous inspirez les autres. Nous connaissons tous et toutes des personnes de cette catégorie ; ma patronne en est une! D’autres, comme moi, ont des défis plus… comment dirais-je… disons que les défis rêvés semblent être sur une planète moins accessible! Est-ce que je fonce et si oui, est-ce que je risque de me perdre en chemin? Est-ce que, financièrement, je pourrai conserver mon rythme de vie? Est-ce que mes reins seront assez solides?  Est-ce que je saurai prendre les bonnes décisions et faire les bonnes actions pour semer dans cette entreprise une parcelle de moi et ainsi y faire une différence? Est-ce que ma famille saura composer avec mon stress, mes joies, mes sacrifices reliés à mon nouveau travail? Est-ce que j’ai le potentiel pour remplir les attentes que ma nouvelle patronne a envers moi ? Je vous l’ai dit au départ, les questions peuvent être nombreuses.

Que vous soyez de la catégorie des gens audacieux ou de ceux qui se questionnent pendant leurs nuits d’insomnie, vous avez tous autant de chance de réussir et d’atteindre vos buts. Le chemin sera tout simplement différent, mais le succès des entreprises qui vous engagent vient du travail des gens de toutes les catégories humaines possibles. Sachez que si vous décidez de vous lancer en affaires ou de changer d’emploi, ces nombreuses questions n’auront pas toutes des réponses à court terme. C’est ça le bonheur finalement, c’est ça qui nous garde vivants et intéressants! L’inconnu n’est pas si pire finalement!

Vous, patrons, aurez à composer avec toutes ces personnalités et à trouver le potentiel de chacune d’elles. Si un de vos employés décide de quitter son emploi pour un nouveau défi, n’y a-t-il pas ici matière à amélioration pour vous? Tous les gestionnaires ne demanderont pas à l’employé les raisons profondes de ce départ. Je parle ici d’aller au fond des choses. Si votre employé est 100 % heureux, il n’envisagera jamais de quitter. C’est donc un excellent moment pour comprendre la dynamique émotionnelle et les véritables raisons de ce départ. Êtes-vous prêts à les entendre et à vous assurer que d’autres bons employés ne vivent pas eux aussi avec le désir de quitter pour un monde meilleur? En tant que leader, vous ne pouvez pas plaire à tous, c’est bien évident. Il y a des contraintes, des règlements, des conventions, etc. Mais comprendre les enjeux internes que vivent vos employés et avoir une écoute, c’est déjà un pas vers le bonheur de vos salariés. Un compromis est certainement une bonne solution lorsque c’est possible. Chaque départ devrait amener de profondes remises en question.

Si je reviens à moi, je dois dire que j’ai beaucoup appris depuis que j’exerce mon nouveau travail. Par-dessus tout, j’ai compris qu’il faut suivre son instinct et parfois, laisser le cœur parler à sa tête et la tête parler au cœur. Nous oublions souvent qu’il doit y avoir un dialogue entre les deux. Les peurs et les questionnements sont normaux et fondamentaux, vous ne devez pas les ignorer. Parfois, nous devons mettre de côté les vieilles pantoufles confortables et enfiler des souliers qui font mal… au début. Vous savez, les beaux souliers neufs qui nous font souffrir, mais qui nous font sentir bien dans notre peau et prêt à tout ? Ils finiront par devenir confortables, soyez sans crainte… Gardez-vous du budget pour les changer lorsque ce sera le moment! Lors des journées de doute, demandez-vous si vous avez la crainte de foncer ou plutôt celle de ne pas réussir? « Il n’y a pas d’échec, il n’y a que des abandons » Albert Einstein.

En terminant, revenons sur mes motivations premières lorsque j’ai décidé de foncer et de changer de travail. Bien sûr, mon but personnel était de me prouver que je pouvais surmonter ce beau défi, d’apprendre de nouvelles choses, de brasser ma confiance en moi et de réaliser que les ampoules aux pieds, ce n’est pas la fin du monde si le chemin parcouru est rempli de bonheur et de nouveautés! Et que chaque nouvelle personne croisée sur cette route sera une source d’inspiration et de surpassement de soi.

Bonne continuité! Restez vivants et laissez venir à vous les belles surprises de la vie!

Mylène Grégoire, experte en questionnements !

Je me présente : employée matricule #04, et dans ma valise, plusieurs expériences de travail enrichissantes, inspirantes, frustrantes et même parfois ennuyantes! Mais toujours, des expériences mises sur mon chemin pour forger mon identité d’employée.

Totem Performance organisationnelle, à travers son blogue, vise principalement les leaders. J’ai donc envie de m’immiscer dans ce vaste monde au nom des employés : ceux qui sont heureux, ceux qui sont insatisfaits et même invisibles, dans une organisation où la place de chacun doit être mise de l’avant.

Tous les employés devraient me lire, car chacun s’y reconnaîtra parfois, mais aussi, et surtout, tous les Patrons, Présidents, Leaders, Propriétaires, ou autres titres ajoutés à vos signatures électroniques. Pour moi, il n’y a aucune différence entre tous les chefs d’entreprise : je suis celle qui veut être entendue! Dans ma peau de salariée, je suis passée à travers plusieurs émotions et j’en vivrai encore une panoplie (je ne suis pas encore à l’aube de ma retraite, REER et placements encore trop insuffisants!). Et c’est de ça dont j’aimerais m’entretenir avec vous…

Boss, est-ce que vous savez toujours quelles sont les émotions que peuvent vivre vos employés lorsque vos décisions d’affaires sont mises sur la table? Je ne doute pas de votre côté humain, la majorité de vous vivez également des sensations fortes positives ou négatives lors de décisions importantes nous concernant. Mais n’est-il pas intéressant pour un gestionnaire de comprendre ce que certains employés peuvent vivre au quotidien? Je parle ici de sentiments, parfois contradictoires, parfois heureux. Est-ce que vous pensez que tous vos employés sont honnêtes envers vous et vous disent réellement ce qu’ils vivent? Je vous confirme que non, cela augmenterait beaucoup trop le taux de chômage!

Alors, je partagerai ici mon expérience, l’expérience de gens que je connais et même d’employés que je ne connais pas qui voudront bien me parler de leur vécu professionnel et personnel. Car oui, les deux cohabitent, ce qui vous rend, patrons d’entreprises, la tâche plus complexe! Je voudrais me servir de témoignages et histoires diverses pour montrer le côté de la médaille moins souvent mis en avant. Celui de la relation employé-patron et même employé-employé. Vous serez surpris!

J’espère que cette série d’articles vous plaira et ouvrira la partie de vous peut- être mise dans un tiroir pour vous aider à être un leader qui ne se laisse pas guider par les émotions! Sachez que si c’est le cas, vos employés font comme vous et amènent leur tiroir plein à la maison au grand désespoir de leurs proches et au grand bonheur des avocats en droit de la famille!

Ah oui, en passant, depuis plusieurs années, j’ai fait un choix et je ne suis plus le matricule #04. Je suis Mylène Grégoire et j’ai le bonheur immense de vous inviter dans mon monde. Un monde que j’aime colorer d’humour, mais qui n’est jamais très loin de la vérité…

À bientôt!

Mylène Grégoire